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 L'histoire (le 03/04/2007 à 11h14)

 

Saint Firmin n’est pas en réalité le saint patron de Pampelune (qui est saint Saturnin), mais de la Navarre toute entière, qui chôme par conséquent le 7 juillet. San Fermín, qui vécut au IIIe siècle, était le fils du chef militaire romain de Pampelune. Il fut converti par un religieux français de passage en Navarre, saint Saturnin. Il partit alors se former à la vie ecclésiastique à Toulouse, avant de revenir évangéliser la Navarre. Dans sa vie religieuse, il assura la direction du diocèse d’Amiens, où les autorités le firent égorger (on en était alors aux débuts de la christianisation). Son corps repose toujours à Amiens, mais trois de ses reliques ont été déposés en l’église San Lorenzo de Pampelune.

Les premières célébrations en l’honneur du saint eurent lieu au cours du Moyen-Âge, elles étaient alors organisées à l’occasion du jour de saint Firmin, le 10 octobre. Peu à peu, d'autres types de célébrations vinrent s'y greffer : foires et corridas, attestées dès le XIVe siècle. Pour des raisons climatiques évidentes, les fêtes furent avancées au mois de juillet en 1591, les Navarrais fêtant l’évènement le 7 de ce mois. Progressivement, ces festivités se sont développées jusqu’à devenir telles que nous les connaissons aujourd’hui.

Déroulement

Les Fêtes de San Fermín ont lieu du 6 au 14 juillet de chaque année. Chaque journée est parfaitement rythmée par les différentes manifestations, organisées par la ville de Pampelune, et qui se répètent inlassablement d'année en année. D'autre part, les associations, sociétés festives et les simples groupes d'amis participent également à l'animation de cette semaine festive, en organisant leurs propres programmes de réjouissances.

Le chupinazo

Le coup d’envoi des fêtes est donné le 6 juillet à 12h00 précises sur la Plaza Consistorial, devant la Mairie. Là, des milliers de personnes agglutinées attendent impatiemment l’ouverture officielle des festivités, dans un concert de chants, sous les jets de Champagne, de farine et autres projectiles. Alors qu’à quelques minutes du début, la foule scande en chœur le nom de San Fermín, le Conseil Municipal apparaît au balcon, et à midi pile, face aux milliers de pamplonicas tendant leurs foulards rouges vers la Mairie, une personnalité désignée prononce la fameuse phrase : « Pamploneses, Pamplonesas, Viva San Fermín, Irunshemes, Gora San Fermín », reprise en chœur par la foule. Le premier pétard est lancé (on l’appelle le txupinazo, ou el primer cohete), indiquant aux pamplonais que leurs fêtes sont désormais ouvertes, dans les hurlements de joie d’une foule prête à affronter les neuf jours que comptent les sanfermines. C’est à ce moment là que chacun noue autour de son cou le précieux foulard rouge. Une fois la place dégagée, les bandas de gaiteros et de txistularis sortent de l’Hôtel de Ville, suivies de la banda municipale La Pamplonesa, pour égayer les rues de la cité aux airs de chansons populaires de Navarre et du Pays Basque : Animo Pues, Agur Jaunak (ancestral morceau basque, joué pour saluer la venue d’une personne importante ou chère),… Il est à noter qu’il s’agit d’une célébration assez récente, puisque officiellement organisée depuis 1940.

Le Riau Riau et les Vísperas [

Cette cérémonie officielle a eu lieu jusqu’en 1991, et est actuellement remise au goût du jour par des associations (après une tentative officielle de renouvellement en 1996, sans lendemain). Traditionnellement, le 6 juillet à 16h30, les autorités municipales et ecclésiastiques de la ville, se rendaient depuis la Mairie jusqu’à l’Église de San Lorenzo, à quelques centaines de mètres, pour y célébrer las Vísperas, la messe en l’honneur du saint patron, la veille de sa fête. Peu à peu, le jeu a consisté pour les jeunes pamplonais à ralentir le cortège en se plaçant devant lui. Ainsi, des milliers de personnes se retrouvaient chaque année dans la Calle Mayor et freinaient le parcours des autorités. Le parcours se déroulait au son du Vals de Astrain, une valse, renommée Riau Riau, reprise en choeur par la foule, et interprétée sans discontinuer jusqu'à destination. Las, les manifestations politiques et les débordements agressifs qui s’en suivaient ont entraîné la suspension de ce moment clé des Fêtes. La messe a toujours lieu, à 20h00, chaque 6 juillet, et constitue de ce fait le premier acte religieux du cycle festif.

 

La procession

Elle a lieu le 7 juillet à 10h00. Depuis l’église de San Lorenzo, les autorités civiles et religieuses, les responsables des Peñas et des corporations, ainsi que d’autres personnalités de la ville accompagnent la statue du Saint à travers les rues de la cité. Le cortège est animé par la Banda Municipale, la Pamplonesa, les Géants, les txistularis, les gaiteros et des danseurs. Des milliers de pamplonais et de navarrais se placent le long du parcours pour saluer la sainte effigie. Au niveau de l’église de San Saturnino, un groupe de joteros entame la Jota a San Fermín, en l’honneur du saint patron navarrais, qui retourne à l’église de San Lorenzo, où des milliers de personnes viennnent se recueillir durant les Fêtes.

Le 14 juillet, dernier jour de fête, la même procession aura lieu pour saluer une dernière fois le saint. Cette procession s’appelle La Octava (la huitième).

Les Dianas

Les Fêtes commencent véritablement le 7 juillet, jour du Saint, et premier jour de corrida. Comme chaque matin, La Pamplonesa, l’harmonie municipale, anime les traditionnelles dianas. Les dianas sont d’anciens morceaux de musique militaire espagnole, qui étaient joués au petit matin pour réveiller les troupes. Ces morceaux ont été adaptés au goût pamplonais, et sont interprétés du 7 au 14 juillet à 6h45, pour réveiller la ville avant l’encierro, en arpentant les rues du centre historique. C’est un moment qui peut apparaître surréaliste, où se mêlent les couche-tard achevant leur nuit de libations, et les lève-tôt, partant pour l’encierro. Des dizaines de personnes suivent la Pamplonesa dans ses pérégrinations matinales, en reprenant en chœur les paroles de ces marches, et en dansant à leur rythme.

L'encierro

Taureaux courant dans la foule
Taureaux courant dans la foule

L’encierro est un évènement ayant lieu tous les matins du 7 au 14 juillet à 8h00. C’est sans doute ce qui a fait la réputation de ces Fêtes à travers le monde, grâce notamment à l’auteur américain Hemingway, qui, inconditionnel de ces réjouissances, les a souvent évoquées dans son œuvre.

L’encierro consiste à lâcher dans les rues de la ville les toros qui seront combattus l’après-midi dans les arènes. Le parcours est immuable, et mesure un peu plus de 800 mètres dans les rues du centre. La veille, les toros auront déjà été transférés depuis les corrales (étables) del Gas (à quelques centaines de mètres du centre) vers ceux de Santo Domingo, légèrement en contrebas de la ville haute. Cet instant s’appelle l’encierrillo, et a lieu à 23h00, sans coureurs, uniquement en présence des vachers.

Le matin, dès 6h00, les volontaires commencent à se rendre sur le parcours : les spécialistes comme les novices. Courir les toros requiert de l’entraînement et une certaine connaissance de la chose. Les habitués connaissent l'exercice. Mais ces coureurs n’échappent pas aux accidents, le toro restant un animal sauvage, et dangereux. Par ailleurs, la foule de plus en plus dense, notamment les jours de week-end, rend de plus en plus difficile la course. La municipalité communique ainsi depuis plusieurs années les consignes à respecter, par voie écrite et orale. D'autres solutions sont à l'étude, visant à sécuriser davantage la manifestation. Les règles essentielles consistent à respecter l'animal, à courir devant lui sans le toucher, sur un segment donné du parcours, et à s'écarter ensuite, afin de laisser place aux autres coureurs.

L’encierro est toujours précédé de la prière à San Fermín, récitée au début du parcours, dans la Cuesta de Santo Domingo, devant une statue du Saint entourée des foulards des seize peñas de la ville :

A San Fermín pedimos por ser nuestro patrón,

Nos guíe en el encierro, dándonos su bendición (bis)

Viva ! Gora !


Cette prière est chantée à 7h55, 7h57 et 7h59. À 8h00 pile, au coup de pétard, les portes des corrales s’ouvrent, permettant aux toros et aux cabestros (les bœufs domestiqués servant à les guider) de sortir et de se lancer dans une course à travers la Côte de Santo Domingo, la Plaza del Ayuntamiento, la Calle Mercaderes, la Calle Estafeta, Telefónica et enfin les Arènes. À l’arrivée, les toros sont dirigés vers les étables des arènes où aura lieu le sorteo (tirage au sort des toros, pour les répartir entre les matadores). En attendant, les arènes sont le cadre de jeux de vaches auxquels assistent des milliers de personnes.

Les Géants

Chaque matin, une procession de Géants est organisée à travers les rues de la ville. Elle est composée de plusieurs personnages :

  • les Géants (Gigantes), sont de très hautes statues de bois, sculptures huit rois et reines, représentant les quatre races et continents. Un danseur prend place dans chacune de ces effigies, et exécute des pas de danse au son de la musique des gaiteros.
  • les Kilikis, sont six personnages dotés de masques effrayants. Ils sont là pour effrayer les enfants avec leurs armes.
  • les cinq cabezudos précèdent les géants. Revêtus d'un masque en forme d'énorme tête (d'où leur nom), ils marchent dignement en tête de procession.

Ces processions attirent une foule considérable, multigénérationnelle. Elles se retrouvent ailleurs en Espagne, sous d'autres formes.

La corrida

après-midi des Fêtes à 18h30. Les arènes de Pampelune sont les deuxièmes plus vastes d’Espagne, après celles de Madrid (23.000 places), avec 19.500 places. Les corridas font le plein absolu chaque soir, et il est presque impossible de pouvoir se procurer des billets. Tout est pris par abonnement renouvelé chaque année (souvent, les abonnements passent de père en fils, ou d’ami en ami), et les 10% que la Loi impose de réserver à la vente pour le jour du spectacle sont achetés par les revendeurs, qui les réinjectent à prix d’or sur le marché noir.

Les corridas pamplonaises sont organisées par la Casa de Misericordia (communément appelée la Meca), association caritative en faveur des personnes âgées, qui sélectionne les élevages qui courront dans les rues de la ville et seront combattus dans les arènes, contracte les matadores, gère les abonnements et la vente des places,…. L’ensemble des spectacles taurins est réuni dans ce que l’on appelle la Feria del Toro, qui désigne la partie strictement taurine des Fêtes, à la charge de la Meca. Feria del Toro et Fiestas de San Fermín sont donc intrinsèquement liées, l’une ne pouvant exister sans l’autre. C’est par ailleurs le seul moment de l’année où Pampelune célèbre des courses de toros.

Les corridas à Pampelune sont réputées pour leur aspect débridé. La particularité de Pampelune tient à l’ambiance qui règne dans les arènes. Alors que dans le reste de l’Espagne ou de la France, les corridas sont un spectacle artistique qui requiert un certain silence, les pamplonais considèrent, eux, la corrida comme un élément de la fête, et où l’on se doit donc de faire la fête. Chacun amène aux arènes de quoi boire et de quoi se nourrir : la merienda (le goûter), qui consiste à manger (du simple sandwich à la daube de toro) une fois le 3ème toro mort, est une institution à laquelle personne ne déroge.

Les gradins soleil, où sont situées les peñas, revêtent une dimension très spéciale. En ces lieux, le spectacle a lieu dans les travées, et non en piste Les sociétaires des peñas repoussent les limites jusqu’à l’extrême. On apporte aux arènes – certains même avec des caddies – les boissons dans des seaux voire des poubelles, on arrive avec des gamelles de nourriture, des gâteaux, des plateaux de charcuterie, de fruits de mer, des fromages, afin de partager ces denrées avec les amis et voisins de gradins. Au 3ème toro, ceux qui jugent être restés suffisamment dans les tendidos quittent les gradins pour aller déguster ce qu’ils ont apporté, dans les couloirs des arènes. Par ailleurs, nombreux sont les litres de vin ou de sangría projetés dans les gradins à coups de seaux entiers, ou de pulvérisateurs ; la farine, le chocolat en poudre, le papier hygiénique et autres joyeusetés fusent également au travers des gradins.

Il n'est pas difficile d'imaginer l’animation des lieux, et le bruit en conséquence. Chaque peña vient accompagnée de sa txaranga (petit orchestre de cuivres, bois et percussions, semblable aux bandas) qui joue régulièrement - et souvent en même temps - pour égayer les travées. Les morceaux interpétés sont repris en chœur par des centaines de personnes. Jamais le tumulte, la fête ne s’arrêtent, pas même pendant le combat. Pour ces raisons, certains toreros refusent de venir à Pampelune.

Une fois la corrida achevée, les membres des peñas se rassemblent sur la piste, pour participer au moment connu comme la salida de peñas (la sortie des peñas). Chaque société va alors sortir des arènes en musique et dans un ordre strict pour aller animer les rues de la ville. C’est un moment très apprécié, notamment par ceux qui n’étaient pas à la corrida. On voit alors sortir des arènes ces groupes de pamplonais aux vêtements souvent souillés par les projectiles de la corrida, chantant et dansant.

L'estruendo

L'estruendo est une manifestation populaire organisée à une seule reprise durant les Fêtes, à 23h59 (souvent le jeudi). Quiconque muni d'un instrument à percussion est invité à se joindre à un cortège bruyant, rassemblant plusieurs dizaines de participants, et qui défile à travers la ville, au son assourdissant des grosses caisses et autres tambours, couvrant les quelques txistus en tête de défilé.

Le Pobre de mi

Le Pobre de mí (Pauvre de moi) est la cérémonie de clôture des Fêtes ayant lieu à minuit dans la nuit du 14 au 15 juillet. Le nom est dû à l’air que chantent alors les Pamplonais, munis chacun d’une petite bougie à la main : « Pobre de mí, pobre de mí, ya se han acabado las Fiestas de San Fermín ».

Il existe en fait deux célébrations du Pobre de Mí. La cérémonie officielle à lieu sur la Place de la Mairie. Des milliers de navarrais munies de petites bougies se regroupent sous les balcons de l’Hôtel de Ville, où le Maire prononce son discours de clôture, terminé par la fameuse phrase : « Ya falta menos para los Sanfermines de 2005. Viva San Fermín, Gora San Fermin. ». Un orchestre entame alors le « Pobre de Mí » repris en chœur par la foule, qui, à cet instant, retire le foulard rouge de son cou. La cérémonie officieuse est organisée par les Peñas sur la Plaza del Castillo. À minuit, chacun ôte son foulard, et les peñas accompagnées de leurs orchestres, les unes après les autres dans un ordre strict, entament le Pobre de Mí en faisant le tour de la place. Comme à la Mairie, des chants populaires s’intercalent entre chaque interprétation du Pobre de Mí qui est joué à plusieurs reprises.

La fête populaire

Le jour

La journée, à Pampelune, est tout aussi animée que les nuits. Les activités proposées par la municipalité, ou les associations, sont très nombreuses. Après l’encierro, la journée commence tranquillement. Alors que les couche-tard rentrent se reposer quelques heures, les autres commencent à peupler les restaurants de la ville. La foule se fait de plus en plus dense vers 10h00, pour le défilé des Gigantes.

Par la suite, la foule envahit les innombrables bars et restaurants de la ville, pour l’apéritif et le repas, animés par les groupes musicaux et les txarangas des peñas.

Tout au long de la journée, des concerts de musique traditionnelle ou actuelle sont organisés en différents points de Pampelune, et des activités sont programmées pour les pamplonais et visiteurs de tous âges.

Par ailleurs, certaines journées sont consacrées à certains en particulier. Ainsi existe-t-il la journée des Txikis (enfants) et la journée des anciens.

La nuit

Une fois la corrida passée, alors que les peñas parcourent la ville, les pamplonicas et les visiteurs se dirigent vers les bars et les restaurants pour l’apéritif et le repas. La municipalité et les associations organisent un grand nombre de concerts et de bals gratuits, plus ou moins importants, où se rassemble une foule importante. Parallèlement, tous les soirs a lieu un concours international de feu d’artifices, rassemblant parmi les plus prestigieux artificiers du monde, ce qui permet à la ville de jouir d’une certaine réputation en la matière.

La nuit est la période où la ville reçoit le plus de monde. Des dizaines de milliers de personnes s’agglutinent alors aux comptoirs des bars, des peñas et autres associations pour festoyer jusqu’au petit matin, voire davantage.

Les peñas

 

Une peña désigne généralement un groupe d’amis se constituant en société pour partager une ou plusieurs passions en commun, dans une ambiance informelle et souvent liée à la fête. Ainsi, on trouve en Espagne des peñas taurines (les membres se réunissant pour parler de leur afición, assister à des corridas, participer à des visites d’élevage,…), des peñas de supporteurs (foot-ball notamment),…

En Navarre, la peña est indéniablement liée à la fête. Il existe à Pampelune seize peñas dites sanfermineras, c'est-à-dire seize peñas dont l’objet est de partager ensemble les Fêtes de la cité. Leur vie est conditionnée par San Fermín, qu’elles préparent tout au long de l’année. Ces sociétés proposent néanmoins à leurs sociétaires un grand nombre d’activités en dehors des Fêtes : culturelles, sportives, repas, cours de basque,… Qui plus est, elles ouvrent leurs locaux régulièrement (certaines tous les jours), ce qui en fait des lieux de rencontre entre sociétaires et habitants du quartier.

Si les premières peñas à avoir été créées étaient situées en centre-ville, les dernières nées sont plutôt attachées à un quartier hors du centre en particulier. La première à avoir vu le jour est la Peña La Única en 1903, suivie de deux autres dans les années 30, puis d’une grande vague de création entre 1945 et 1955. On assite à une dernière vague de fondations dans les années qui ont suivi la mort de Franco. Les peñas comptent entre 250 et 450 membres, auxquels il faut ajouter les txikis, qui, mineurs, ne peuvent être sociétaires.

Chaque peña possède un foulard propre, une ceinture (faja) et une blouse (surchemise, de couleur différente selon la peña, que portent les membres de peñas pour se reconnaître entre eux). Durant les Sanfermines, elles sont accompagnées d’une txaranga (orchestre engagé pour la durée des Fêtes) et d’une banderole retraçant en dessin et avec ironie les évènements marquants de l’année dans la vie locale et internationale et portée par les sociétaires pour annoncer l’arrivée de la peña. Chaque peña possède également un hymne chantant les mérites des Fêtes et de l’association, joué à l'envi.

Pour les fêtes, la plupart de ces associations ouvrent leur local du centre-ville. Elles entrent en scène le 7 juillet, premier jour de toros. On les voit alors sillonner les rues de Pamplona le midi pour l’apéritif, les sociétaires qui le veulent peuvent alors de joindre à la txaranga précédée de la banderole, pour rendre visite aux bars de la ville.

San Fermín Txiki

Le 8 juillet 1978, des débordements dans les arènes, lors de la corrida, avaient entraîné l'intervention de la Police nationale espagnole. Des affrontements violents se produisirent, et un spectateur est tué par les forces de l'ordre. L'incident conduit à annuler les Fêtes de San Fermín.

Les festivités sont reportées au troisième week-end de septembre. Ces trois jours de fête se sont maintenus depuis lors, perdant de leur force avec le temps, et sont connus sous le nom de San Fermín Txiki (Petit San Fermín) ou San Fermín de Aldapa.

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 ENCIERRO (le 03/04/2007 à 11h13)

Les taureaux... L'Encierro

L'encierro, événement central des Sanfermines, apporte à la fête un spectacle inimaginable ailleurs. Issu d'une nécessité, puisqu'il s'agit de conduire les taureaux de l'extra-muros de la ville jusqu'aux arènes. Tous les jours, du 7 au 14 juillet, l'encierro commence au corral de Santo Domingo lorsque l'horloge de l'église San Cernin sonne les huit coups. Après le lancement de deux fusées, les bêtes sortent en troupeau pour parcourir, derrière les jeunes, les 825 mètres qui séparent la porte du corral des arènes, en trois à quatre minutes, bien qu'à certains moments exceptionnels, la course dure plus de dix minutes, lorsqu'un des taureaux du troupeau se retrouve «  descolgado   » (isolé) .

Chants en l'honeur du Saint

L'encierro a un préambule spécialement émouvant. Il s'agit du moment où les jeunes coureurs, à quelques mètres seulement du corral dans lesquels sont enfermés les taureaux, lèvent leurs journaux enroulés et chantent face à la statue du Saint, installée dans une niche de la Cuesta de Santo Domingo. Au milieu d'un silence des plus saisissants, vous entendrez les paroles suivantes : « A San Fermín pedimos, por ser nuestro patrón, nos guíe en el encierro dándonos su bendición. » (Nous demandons à Saint Firmin, notre patron, qu'il nous guide lors de l'encierro en nous accordant sa bénédiction.) Puis, pour finir, ils crient : Viva San Fermín ! Gora San Fermín ! Cette strophe est chantée à trois reprises : à 7h55, à 7h57 et à 7h59.

Fusées lancées depuis les arènes

La troisième fusée, lancée depuis les arènes, annonce que le troupeau est arrivé aux arènes. Un quatrième et dernier chupinazo signifie que, finalement, tous les taureaux se trouvent à l'intérieur du corral et que, par conséquent, l'encierro est terminé.

Une palissade formée de 3000 pièces

Pamplona. L'Encierro

Pamplona. L'Encierro

Les rues par lesquelles passe l'encierro sont délimitées, pour des raisons de sécurité, par une double palissade. Construite en bois, elle est formée de plus de 3000 pièces (planches, poteaux, portes, etc.). Une partie de cette clôture est fixe pour la durée des fêtes, tandis que certaines travées sont montées et démontées tous les jours par une équipe d'employés municipaux.

Le courage des bergers

Un groupe nourri de bergers couvre la totalité de la course, et se situe derrière les taureaux avec, pour seule protection, une perche. Leur mission principale est d'empêcher que certains coureurs trop impétueux sollicitent les taureaux par l'arrière ' avec le risque de retournement que cela implique ' et de conduire jusqu'aux arènes les taureaux retardataires ou qui se seraient arrêtés à un endroit du parcours.

Los dobladores

Les dobladores jouent également un rôle clé pour le bon déroulement de l'encierro. Grands connaisseurs du monde taurin, ils se postent au centre des arènes pour aider les coureurs à faire l'éventail (s'ouvrir vers les côtés dès l'entrée aux arènes) et « attirer » les taureaux vers le corral le plus vite possible.

Les deux troupeaux de b'ufs conducteurs

Les six taureaux qui vont combattre lors de la corrida de l'après-midi courent l'encierro accompagnés d'un premier troupeau de mansos ou b'ufs conducteurs, qui font office de guides du parcours jusqu'à la place. Deux minutes après le départ du corral Santo Domingo, un deuxième troupeau de sonnailles dits « de queue », plus lents et plus petits que les précédents, est lâché; il est chargé d'entraîner jusqu'aux arènes les taureaux retardataires ou s'étant arrêtés le long du parcours.

Tout ce qu'il faut savoir sur l'encierro

Pamplona. L'Encierro.

Pamplona. L'Encierro.
L'encierro est une expérience unique pour le spectateur mais surtout pour celui qui court devant les taureaux. Il s'agit d'un spectacle fondé sur le risque et la capacité physique.

Le coureur peu expérimenté doit s'informer des caractéristiques de cette dangereuse course et des mesures de protection qu'il se doit d'adopter, aussi bien pour sa sécurité que pour la sécurité de ceux qui courent à ses côtés.

L'encierro n'est pas fait pour tout le monde. Il réclame une grande sérénité, des réflexes et une excellente forme physique. Si vous ne réunissez pas ces critères, n'y participez pas. Le risque est important.

Les coureurs doivent se placer dans le tronçon situé entre la Place de l'Hôtel de Ville et le bâtiment d'Éducation, sur la Cuesta de Santo Domingo et ce avant 7h30, car les portes d'accès se referment ensuite. Le reste du parcours, outre le tronçon cité, reste vide, jusqu'à quelques minutes seulement avant 8 heures du matin.

Pour plus de reseignements www.sanferminencierro.com

Interdictions

  1. La présence, sur le parcours, des moins de 18 ans, qui ne pourront en aucun cas courir ou participer.
  2. Déborder les cordons d'agents de police que les responsables jugeront nécessaires de former pour le bon déroulement de la course.
  3. Se situer dans les zones et les endroits de l'itinéraire expressément interdits par les forces de l'ordre.
  4. Rester en attente, avant la sortie des bêtes, dans des recoins, angles morts, portails de maisons ou établissements situés le long du parcours.
  5. Laisser ouvertes les portes de magasins ou des maisons situées sur le trajet, les propriétaires ou les locataires des immeubles étant tenus pour responsables.
  6. Être présent sur le parcours en état d'ivresse, sous l'emprise de drogues, ou de toute autre façon non appropriée.
  7. Porter des objets pouvant affecter le bon déroulement de l'encierro.
  8. Porter des vêtements ou des chaussures non adaptés à la course.
  9. Solliciter les bêtes ou attirer leur attention de quelque façon que ce soit ou pour une raison quelconque, sur l'itinéraire ou dans l'arène.
  10. Courir vers les bêtes ou derrière elles.
  11. Accrocher, fouetter ou maltraiter les bêtes ou les empêcher, de quelque façon que ce soit, de sortir ou de retrouver le corral, durant les capeas.
  12. S'arrêter sur le parcours ou bien rester à côté des palissades, des barrières ou des portes d'entrée des maisons, entravant la course ou empêchant les coureurs de se protéger.
  13. Prendre des photos des rues, des clôtures ou des barrières sans autorisation préalable.
  14. Porter des objets pouvant affecter le bon déroulement et la sécurité de l'encierro.
  15. Installer des éléments envahissant l'espace horizontal, vertical ou aérien du parcours, sauf autorisation expresse de la Mairie.
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